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Accident corporel :
indemnisation après
un accident de la route

Vous venez de subir un accident corporel et l’assureur du tiers responsable vous appelle déjà pour vous proposer une transaction. Est-elle juste ? Pouvez-vous la refuser ? Combien vaut réellement votre préjudice ? Vous êtes au bon endroit. La Loi Badinter du 5 juillet 1985 vous garantit une indemnisation intégrale, à condition de la faire valoir poste par poste. J’accompagne des victimes d’accident corporel partout en France, depuis mon cabinet à Rouen.

Ainsi, pour la vision d’ensemble du sujet, consultez la page droit des assurances.

Ce que la loi vous garantit après un accident corporel

Vous avez été percuté à vélo, renversé sur un passage piéton, blessé comme passager, ou vous avez perdu un proche dans un accident de la circulation ?

Dans tous ces cas, la Loi Badinter écarte la faute simple de la victime non conductrice et impose à l’assureur un calendrier d’indemnisation strict.

Ces délais sont prévus à l’article article L. 211-9 du Code des assurances qui dispose :

« Quelle que soit la nature du dommage, dans le cas où la responsabilité n’est pas contestée et où le dommage a été entièrement quantifié, l’assureur qui garantit la responsabilité civile du fait d’un véhicule terrestre à moteur est tenu de présenter à la victime une offre d’indemnité motivée dans le délai de trois mois à compter de la demande d’indemnisation qui lui est présentée. Lorsque la responsabilité est rejetée ou n’est pas clairement établie, ou lorsque le dommage n’a pas été entièrement quantifié, l’assureur doit, dans le même délai, donner une réponse motivée aux éléments invoqués dans la demande.

Une offre d’indemnité doit être faite à la victime qui a subi une atteinte à sa personne dans le délai maximum de huit mois à compter de l’accident. En cas de décès de la victime, l’offre est faite à ses héritiers et, s’il y a lieu, à son conjoint. L’offre comprend alors tous les éléments indemnisables du préjudice, y compris les éléments relatifs aux dommages aux biens lorsqu’ils n’ont pas fait l’objet d’un règlement préalable.

Cette offre peut avoir un caractère provisionnel lorsque l’assureur n’a pas, dans les trois mois de l’accident, été informé de la consolidation de l’état de la victime. L’offre définitive d’indemnisation doit alors être faite dans un délai de cinq mois suivant la date à laquelle l’assureur a été informé de cette consolidation. »

En tout état de cause, le délai le plus favorable à la victime s’applique.

En cas de pluralité de véhicules, et s’il y a plusieurs assureurs, l’offre est faite par l’assureur mandaté par les autres. »

En pratique, cette offre reste souvent en-deçà de ce à quoi vous avez droit. C’est pourquoi je vérifie chaque poste de préjudice selon la nomenclature Dintilhac, je chiffre ce qui manque et je négocie. Cependant, si l’assureur maintient une position bloquée, je porte votre dossier devant le Tribunal Judiciaire. Le délai de prescription est de 10 ans à compter de votre consolidation ; par conséquent, vous avez du temps pour construire votre dossier, à condition de le documenter dès aujourd’hui.

La Loi Badinter du 5 juillet 1985 en clair

Avant 1985, la victime devait prouver la faute du conducteur pour obtenir réparation. Cette exigence bloquait la moitié des dossiers. Le Garde des Sceaux Robert Badinter a porté la loi qui a inversé la logique : dès qu’un véhicule terrestre à moteur intervient dans l’accident, votre indemnisation devient automatique.

Le texte couvre les voitures, motos, scooters, camions, autocars, engins agricoles et de chantier circulant sur la voie publique. À noter, les trains et tramways relèvent du régime Badinter uniquement lorsqu’ils circulent hors de leur propre voie.

Votre statut change tout

Si vous étiez victime non conductrice — passager, piéton, cycliste —, la loi vous garantit une indemnisation intégrale, sauf faute inexcusable cause exclusive de l’accident (article 3). En revanche, cette faute reste rarement retenue par les tribunaux. Si vous conduisiez, votre propre faute peut limiter ou exclure votre droit à indemnisation (article 4). J’examine avec vigilance les circonstances de l’accident que vous avez subi pour que le droit à la réparation de votre préjudice soit intégral.

Protection renforcée 
pour certains profils

Vous êtes mineur de 16 ans, vous avez plus de 70 ans, ou vous êtes titulaire d’un titre d’invalidité à 80 % ou plus ? La loi vous accorde une présomption renforcée d’indemnisation, même en cas de faute inexcusable. Ainsi, l’assureur ne peut pas jouer sur votre profil pour réduire le montant proposé.

Qui peut réclamer une indemnisation ?

Votre statut au moment de l’accidentIndemnisationCondition
Conducteur d’une voitureOui, sauf faute prouvéeLa faute réduit ou exclut le droit à une indemnisation (art. 4)
PassagerIntégraleAucune condition liée au conducteur
PiétonIntégraleSauf faute inexcusable cause exclusive de l’accident
Cycliste (choc avec véhicule motorisé)IntégraleRégime des non conducteurs
Utilisateur de trottinette électrique / EDPMRégime conducteur (art. 4)Jurisprudence évolutive
Ayant droit après décèsPréjudice propreConjoint, enfant, parent, fratrie, concubin notoire

En cas de décès d’un proche, vous obtenez une indemnisation pour votre préjudice d’affection, votre préjudice économique et les frais d’obsèques. Ces dossiers pèsent lourd humainement ; c’est pourquoi je les traite avec toute la délicatesse qu’ils exigent, tout en restant précis sur les fondements juridiques.

Chiffrer votre préjudice corporel poste par poste

La nomenclature Dintilhac, élaborée en 2005 sous la présidence du Conseiller à la Cour de cassation Jean-Pierre Dintilhac, identifie 26 postes de préjudice répartis en quatre catégories. Chaque poste appelle une évaluation technique et un chiffrage justifié.

CatégoriePostes principauxMoment
Patrimoniaux temporairesDépenses de santé actuelles, frais divers, perte de gains, tierce personne temporaireAvant consolidation
Patrimoniaux permanentsDépenses de santé futures, logement/véhicule adapté, perte de gains futurs, incidence professionnelleAprès consolidation
Extra-patrimoniaux temporairesDéficit fonctionnel temporaire, souffrances endurées (1/7 à 7/7), préjudice esthétique temporaireAvant consolidation
Extra-patrimoniaux permanentsDéficit fonctionnel permanent (AIPP), préjudice d’agrément, esthétique, sexuel, d’établissementAprès consolidation

Chaque poste appelle une évaluation technique et un chiffrage justifié.

Les indemnités varient fortement selon la jurisprudence locale et les référentiels des Cours d’appels.

L’oubli d’un seul poste de préjudice peut parfois vous coûter plusieurs dizaines de milliers d’euros. 

Pour éviter cela, je reconstitue chacun de vos postes de préjudice avec les justificatifs correspondants avant toute discussion avec l’assureur.

Les étapes concrètes de votre dossier d’accident corporel

Etape 1 :

Déclarer votre sinistre dans les 5 jours.

L’article L. 113-2 du Code des assurances vous impose ce délai. 
Mentionnez avec le plus de précisions possibles les blessures corporelles que vous avez subies : c’est cette mention qui active le régime Badinter.

Etape 2 :

Documenter chaque soin reçu.

Certificat médical initial, comptes-rendus d’hospitalisation, ordonnances, factures : conservez chaque pièce. 
Ajoutez les justificatifs des frais annexes (transports, aides à domicile, équipements).
Cette documentation est contraignante mais elle est très importante pour établir le chiffrage final.

Etape 3 :

Attendre la consolidation médicale.

Cette date, constatée par votre médecin traitant ou un expert, marque la stabilisation de votre état. Vous ne pouvez pas chiffrer votre indemnisation définitive avant la consolidation de votre état de santé.

Etape 4 :

Se faire assister lors de l’expertise.

L’assureur propose son expert. Cependant, un médecin-conseil de victime indépendant peut vous assister lors de la même expertise et défendre votre point de vue face à celui de la compagnie. 
Je vous assiste également lors de cette expertise.

Etape 5 :

Analyser l’offre reçue avant toute signature.

La Loi Badinter contraint l’assureur à un calendrier : offre provisionnelle à 8 mois, offre définitive à 5 mois après consolidation. En cas de retard, des intérêts sont dus.
Lorsqu’un dossier m’est confié, je veille au strict respect de ces délais et je rappelle l’assureur à ses obligations.

Etape 6 :

Négocier ou saisir le juge.

Vous acceptez ou vous refusez l’offre d’indemnisation qui vous est faite. 
Lorsque l’offre d’indemnisation est manifestement insuffisante, la saisine du juge peut s’avérer nécessaire et justifier la désignation d’un expert judiciaire indépendant. 
Je vous représente et vous accompagne à chaque étape de la procédure.

Pourquoi mon intervention est décisive face à l’assurance?

Le premier levier tient à la maîtrise du droit.

Loi Badinter, Code des assurances, jurisprudence, nomenclature Dintilhac : ces matières se pratiquent au quotidien, pas au moment où vous en avez besoin. J’ai exercé en qualité de juriste pendant 18 ans au sein d’une compagnie d’assurances. Je connais donc bien la réglementation et la pratique de l’indemnisation.

Le deuxième levier concerne l’expertise médicale.

L’expert que l’assureur désigne peut rédiger un rapport  qui n’est pas conforme à vos intérêts. Il peut donc être utile de recourir aux services d’un médecin-conseil choisi et rémunéré par vous. Souvent les honoraires de ce médecin sont pris en charge par votre assurance protection juridique. Dans cette situation, je travaille en coordination avec le médecin conseil.

Le troisième levier repose sur la menace judiciaire crédible. 

L’assureur revoit rarement son offre d’indemnisation à la hausse sans arguments convaincants. Lorsqu’il refuse de revoir sa position sans motifs, je n’hésite pas à saisir la Juridiction compétente pour faire valoir vos droits.

Vos questions : mes réponses

Combien de temps prend l’indemnisation après un 
accident corporel ?

La Loi Badinter impose à l’assureur des délais stricts en matière d’indemnisation des victimes d’accident de la circulation.
Si on ne pose pas de limites à votre assureur, le processus d’indemnisation peut être très long et justifier la saisine du Tribunal.

Que faire si l’assurance refuse de m’indemniser ?

Demandez un courrier motivé du refus. 
J’analyse les motifs invoqués (force majeure, faute inexcusable, exclusion contractuelle, …) et je me rapproche de votre assureur pour contester sa position. En cas d’échec, j’engage la procédure judiciaire qui s’impose.

L’expertise médicale est-elle obligatoire ?

Sauf cas particulier, oui. 
Sans expertise, votre déficit fonctionnel et vos autres postes ne peuvent pas être chiffrés. 
C’est pourquoi je vous recommande une expertise contradictoire avec votre propre médecin-conseil.

Puis-je refuser l’offre de l’assurance ?

Oui, tant que vous n’avez rien signé. Une transaction signée devient en principe définitive et ferme tout recours futur. Ainsi, ne signez jamais avant de m’avoir consulté.

Ma protection juridique paye-t-elle vos honoraires ?

Oui en principe, dans la limite d’un plafond contractuel
Pour aller plus loin, consultez mes honoraires d’avocat.

Puis-je être indemnisé si je suis en partie responsable ?

Oui pour les conducteurs, tant que votre faute n’est pas prouvée.
La jurisprudence distingue la faute légère (peu de conséquence) de la faute lourde ou inexcusable (qui exclut). En revanche, pour les non-conducteurs, seule la faute inexcusable cause exclusive limite l’indemnisation, ce qui est très rare.

Vous êtes prêt à parler à un avocat ?

Un premier échange téléphonique me permet d’évaluer votre dossier et de vous orienter vers la stratégie la plus protectrice. Attention, ne signez aucun document avec l’assureur avant cet échange.

Pour prendre rendez-vous, n’hésitez pas à me contacter